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L’OID dévoile son étude sur le confort et le bien-être au travail 

publié le 3 mars 2017

Le 21 février dernier, l’Observatoire de l’immobilier durable (OID) et le Plan Bâtiment Durable organisaient une conférence sur le confort et le bien-être au travail. C’est au cours de cette conférence, organisée dans le cadre du cycle « Immobilier et Prospective », que l’OID a révélé les résultats de son enquête réalisée avec l’ARSEG sur le confort et le bien-être dans les immeubles de bureaux. Explications.

Le bonheur au travail : un enjeu complexe reconnu mais pas encore totalement pris en compte

Les pilotes de l’enquête partent d’un constat : le confort et le bien-être au travail sont désormais devenus de réels enjeux. Aujourd’hui, ces notions sont prises en compte dans les trois principales certifications environnementales existantes à l’échelle internationale que sont HQE, BREEAM (davantage axées sur l’environnement) et WELL (concentrée sur le bien-être). Elles sont également inclues dans la notion de « Qualité de Vie au Travail » définie en 2013, par l’Accord National Interprofessionnel sur l’égalité professionnelle et la qualité de vie au travail, qui la définit comme « les conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail, et leur capacité à s’exprimer et à agir sur le contenu de celui-ci » et qui « déterminent la perception de la qualité de vie au travail qui en résulte. ». Le bien-être au travail permettrait alors une meilleure efficacité des travailleurs ; bien-être pouvant être déterminé par de multiples facteurs : conditions d’exercice, environnement, relations et climat social du travail.

Aujourd’hui, si les employeurs ont bien intégré les notions d’environnement et de développement durable dans leur politique RSE, ce n’est néanmoins pas toujours le cas en termes de confort des utilisateurs ou bien en termes d’efficacité énergétique. D’après l’article L. 4121-1 du code du travail, l’employeur doit assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs et mettre en place les actions de prévention nécessaires. Or, la mise en place d’un réel management social interne favorisant le confort et le bien-être au travail nécessite un investissement financier et un engagement complet qui apparaissent d’abord davantage comme des contraintes que comme des bienfaits.

En résumé, les démarches mises en place ne présentent pas encore des solutions uniquement concentrées sur le confort et le bien-être au travail, et les employeurs peinent à imaginer des façons de rendre l’exercice du travail plus confortable.

Or, selon Alexandre Jost, fondateur de la Fabrique Spinoza, think-tank du bonheur citoyen et grand témoin lors de la conférence du 21 février dernier, le lieu de travail étant le lieu où l’on passe la plupart de son temps, l’immobilier dans lequel on l’exerce a une « relation au corps importante ». En d’autres termes, il s’avère que le lieu de travail influence la manière dont nous travaillons. L’idée serait donc de penser à un bâtiment futur qui permettrait aux individus de sentir à l’aise.

Une étude pour penser un immobilier qui s’adapte au confort de ses occupants

L’objectif de cette étude pilotée par l’OID était donc de penser un bâtiment durable prenant en compte ces considérations en :

  • identifiant les attentes des collaborateurs sur le confort et le bien-être dans les immeubles de bureau ;
  • croisant ces résultats avec le niveau de prise en compte estimé, la perception des directions de l’environnement de travail et les certifications existantes ;
  • proposant des pistes de réflexions sur les immeubles de bureaux ;
  • illustrant les conclusions par la présentation de projets.

Une méthode collaborative autour d’un groupe de travail de spécialistes

Dans le cadre de cette réflexion, un groupe de travail s’est formé sous le pilotage de l’OID et de l’ARSEG, association professionnelle dédiée à l’environnement du travail, pendant près d’un an, entre mars 2016 et janvier 2017. Ce groupe de travail a mené une enquête portant sur les attentes et la prise en compte des critères de confort et de bien être dans l’immobilier tertiaire. Pour cela, un questionnaire a été établi, et 275 collaborateurs, professionnels de l’immobilier et personnes exerçant une fonction relative à l’environnement de travail (RSE ou développement durable) ont été sondés entre mars et octobre 2016, afin de comprendre leurs attentes et mieux appréhender la manière dont ces attentes sont prises en compte, et ce dans le sillon des certifications légales qui existent déjà (HQE, BREEAM, WELL).

Les résultats de l’enquête : des attentes variées difficilement conciliables

Les résultats ont été segmentés en deux tendances : les constats et tendances générales concernant la prise en compte du bien-être et du confort au travail et les attentes, propres à chacun, encore difficilement compatibles avec l’immeuble d’aujourd’hui.

Le rapport présente la synthèse des retours de ce questionnaire.

En termes de confort, les attentes concernant l’aménagement agréable des espaces de travail sont respectées. Cela concerne notamment la présence de lumière naturelle, la température ou encore le bruit perceptible au sein de l’espace de travail. Il apparaît également que la disposition d’un espace de travail privatisé et calme est régulièrement demandé par les collaborateurs des grandes entreprises. Or, il apparaît également que de grands espaces collaboratifs sont en général apparus comme des critères importants : les collaborateurs jugent que cette attente n’est pas suffisamment respectée.

En termes de services, les salariés n’ont pas la même conception en fonction du type d’entreprise dans laquelle ils travaillent. Par exemple, il s’avère que les entreprises de grande taille accordent davantage d’importance à disposer d’une salle de sport que les autres.

Mais comme nous l’avons rappelé précédemment, l’idée du confort et du bien-être au travail est subjective et propre à chacun. C’est pourquoi, de cette enquête, surgit une segmentation des critères de confort et de bien-être. Les critères des individus diffèrent selon :

a) leur génération

Les critères de confort et de bien-être varient selon la génération des sondés. Par exemple, sur des sujets tels que la mobilité, il s’avère que la possibilité de disposer d’un vélo s’avère prioritaire pour les moins de 25 ans, tandis que les plus de 25 ans privilégieraient une place de parking et un accès facile au site. De même, le désir d’avoir à disposition d’espaces « détentes » et de convivialité semble, selon les résultats de l’enquête, plus important chez les femmes et les moins de 25 ans (86 %). D’une manière générale, il semble que les moins de 25 ans, sensibilisés plus tôt aux enjeux environnementaux, considèrent les critères relatifs à l’environnement de manière plus importante : qualité de l’air intérieur ou bien utilisation de produits garants de l’environnement par exemple.

b) leur situation géographique

Des critères tels que l’accessibilité aux transports, ou encore la présence d’espaces verts au travail, n’ont pas la même importance en Île-de-France ou en province. Sur ce dernier point, le rapport du groupe de travail piloté par le Plan Bâtiment Durable intitulé « Bâtiment et Biodiversité » en 2015 soulignait déjà l’effet positif de la présence d’espaces verts au sein de l’environnement professionnel. L’enquête de l’OID confirme cela, et surtout, souligne le manque actuel de prise en compte de ce critère.

c) leurs individualités

Les critères de qualification du confort au travail varient selon les individualités (personnalité, fonction, sexe, etc.). Par exemple, 86 % des femmes accordent une grande importance au calme, contre 60 % des hommes, de même 79 % des femmes privilégieraient un espace travail individuel, contre 50 % des hommes. En résumé, l’enquête souligne un constat : collecter et satisfaire toutes les individualités est difficilement possible, et ne rend donc pas facilement assimilable l’idée d’un confort au travail universel.

En conclusion : des modèles fournis afin de mieux penser l’immobilier de demain

Le rapport consacre une partie à la manière dont l’immobilier de bureaux évolue pour s’adapter à ces demandes de confort et de bien-être. Il propose donc la description d’un immeuble « confort et bien-être » : halls d’accueil s’ouvrant sur la ville, bureaux favorisant l’interaction, espaces de réunion flexibles et connectés ou encore espaces extérieurs végétalisés pour accueillir les occupants, etc.

Dans le cadre de cette réflexion globale, quelques projets innovants pensant de nouveaux espaces de travail sont proposés en fin de rapport. On peut ainsi y voir des espaces compatibles au confort visuel, des espaces associés mieux aménagés (Restaurants Inter-Entreprises, halls d’entrée…), ou encore des entreprises qui prennent en compte des critères tels que la biophilie, la qualité de l’eau potable, ou encore qui disposent d’une politique RH pleinement consacrée au bien-être de ses employés. Ces exemples sont pensés comme de potentielles inspirations, comme des moyens d’illustrer la manière dont pourrait être conçu l’immobilier de bureaux de demain, en termes de confort et du bien-être de ses occupants.

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