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L’ONPE a publié son tableau de bord 2017 de la précarité énergétique

publié le 19 mars 2018

L’Observatoire National de la Précarité Énergétique (ONPE) a publié la 3ᵉ édition de son tableau de bord de la précarité énergétique. Il présente des données fiables et significatives pour permettre une meilleure connaissance du phénomène et un suivi des aides à destination des ménages en situation de précarité énergétique.


Le tableau de bord 2017 de la précarité énergétique, qui succède à ceux édités en 2015 et 2016, a mobilisé l’ensemble des partenaires de l’ONPE. Il rassemble les principaux indicateurs permettant de quantifier l’ampleur de la précarité énergétique, de comprendre l’environnement et les effets du phénomène, de faire état des difficultés concrètes des ménages et de dresser un bilan des principaux dispositifs de lutte contre le phénomène.

Qu’est ce que la précarité énergétique ?
Une définition légale du phénomène a été établie par la loi dite Grenelle 2 du 10 juillet 2010 : « Est en précarité énergétique une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat »

La précarité énergétique résulte de la combinaison du prix de l’énergie, du niveau de ressources des ménages, de la qualité de l’habitat, de l’équipement de chauffage et des pratiques des ménages.
Les caractéristiques et les enjeux du phénomène étant multiples, 4 indicateurs nationaux de la précarité énergétique, classés en deux approches, ont été proposés par l’ONPE :

L’approche par les difficultés budgétaires
- Le Taux d’Effort Énergétique (TEE) selon lequel un ménage est en situation de précarité énergétique lorsque ses dépenses énergétiques sont supérieures à 10 % de son revenu et si son revenu par unité de consommation (UC) est inférieur au 3ème décile.
- Les indicateurs Bas Revenu Dépenses Élevées (BRDE) qui visent à repérer les ménages dont les dépenses d’énergie ne sont pas soutenables, soit : les ménages dont les dépenses d’énergie réelles sont supérieures à la médiane des dépenses d’énergie et dont le reste à vivre par UC est inférieur à 60 % de la médiane.

L’approche déclarative
- Le froid mesuré sur le ressenti des ménages en matière de confort thermique. Un ménage est en situation de précarité énergétique s’il déclare une sensation de froid liée à une installation insuffisante ou en panne, une coupure du fournisseur ou une mauvaise isolation du logement.

4 types d’indicateurs relatifs à la précarité énergétique sont présentés par l’ONPE dans ce tableau de bord :

  • les indicateurs de quantification ;
  • les indicateurs de contexte ;
  • les indicateurs de difficultés des ménages à payer les factures ;
  • les indicateurs de suivi des dispositifs financiers nationaux.

EN SAVOIR PLUS

5,6 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique

Les ménages en situation de précarité énergétique dépensent en moyenne 1925 euros par an pour leurs factures énergétiques contre 1584 euros TTC par an pour la moyenne nationale (ENL 2013, INSEE).

La précarité énergétique pèse également sur leur qualité de vie. 48 % des adultes exposés à la précarité énergétique souffrent de migraines, 41 % d’anxiété et de dépression, 22 % de bronchites chroniques contre respectivement 32 %, 29 % et 10 % pour les personnes non exposées (CREAI-ORS Gefosat, 2013). De plus, la précarité énergétique multiplie par 3,5 les risques de présence de moisissures dans le logement (CREAI-ORS Gefosat, 2013).

Concernant les indicateurs de suivi des dispositifs financiers nationaux : le programme Habiter Mieux de l’Anah a financé la rénovation de 50 000 logements en 2014 et 2015 puis de 40 000 logements en 2016. Pour ce qui est de l’année 2017, plus de 52 000 logements ont pu être rénovés grâce au programme qui a accordé 501,7 millions d’euros d’aides.
Depuis le 1er janvier 2018, les tarifs sociaux de l’énergie ont été remplacés par le dispositif du chèque énergie. Ce dispositif, expérimenté depuis 2016 dans quatre départements français (l’Ardèche, l’Aveyron, les Côtes d’Armor et le Pas-de-Calais) et destiné aux ménages aux revenus modestes, est aujourd’hui généralisé au reste du pays en remplacement des tarifs sociaux de l’énergie. Ainsi, 4 millions de ménages sont éligibles au chèque énergie depuis le début de l’année.

Enfin, 132,1 Twh cumac ont été délivrés du 1er janvier 2016 au 31 juillet 2017 dans le cadre de la troisième période des Certificats d’Economies d’Energie « précarité énergétique » (Ministère de la Transition écologique et solidaire, 2017).

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