La GABC, Alliance Mondiale pour les Bâtiments et la Construction

publié le 26 juillet 2017

Depuis la COP21 organisée à Paris en 2015, l’Alliance Mondiale pour les Bâtiments et la Construction œuvre pour des bâtiments efficaces, résilients et à émission zéro.

L’Alliance Mondiale des Bâtiments et de la Construction (Global Alliance for Buildings and Construction - GABC) a été lancée lors de la COP21 à Paris, le 3 décembre 2015, sous l’impulsion de la France et du Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Elle a pour objectif de rassembler les filières du bâtiment et de la construction, leurs parties prenantes ainsi que les pays, afin de faire connaître et faciliter la transition vers des constructions bas carbone et à haute efficacité énergétique. En créant la GABC, ses membres ont affirmé l’importance de la contribution du secteur de la construction pour parvenir à atteindre l’objectif de la COP21, c’est-à-dire limiter le réchauffement climatique planétaire bien en deçà de 2°C.

Aujourd’hui, la GABC compte 24 pays et 78 organisations non étatiques membres (secteur privé, autorités locales, ONG…), dont le Plan Bâtiment durable en fait partie.

En particulier, la GABC a pour objectif de :

  • soutenir et accélérer la mise en œuvre des contributions nationales remises à la COP21 ;
  • faciliter par là-même la mise en œuvre de l’Accord de Paris dans le secteur du bâtiment et de la construction, notamment grâce à l’augmentation du recours aux énergies renouvelables et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ;
  • réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment en augmentant la part de constructions durables en neuf et en rénovation.

Les activités de la GABC s’organisent autour de 5 groupes de travail, créés en avril 2016 lors de sa réunion inaugurale à Paris, à savoir :

Quelques chiffres clés *
 
L’énergie utilisée par les bâtiments et la construction représente plus d’un tiers de l’énergie finale consommée dans le monde et un quart des émissions de gaz à effet de serre.
La croissance de la population, la croissance rapide du pouvoir d’achat dans les pays émergents et pays en voie de développement, l’augmentation de la surface des bâtiments, etc. pourraient mener à une augmentation de la demande d’énergie des bâtiments de 50 % d’ici à 2050.
 
 
* Chiffres issus du site http://www.globalabc.org/

Deux cadres de travail pour des bâtiments durables

La GABC a mis en place deux cadres de travail ad hoc : un rapport de situation annuel (« Global Status report »), faisant un état des lieux des enjeux relatifs au climat et au secteur du bâtiment, et une feuille de route mondiale (« Global Roadmap ») pour un immobilier décarboné et résilient.

>> Télécharger le Global Status report 2016 (format pdf - 4.2 Mo - 25/07/2017)


>> Télécharger la Global Roadmap 2016 (format pdf - 1.2 Mo - 25/07/2017)

Le Global Status report 2016

Ce premier rapport annuel de l’Alliance Mondiale pour les Bâtiments et la Construction rappelle que le secteur du bâtiment est l’un de ceux où il y a le plus de solutions efficaces et rentables pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, en utilisant des technologies et des politiques déjà existantes, et pouvant offrir des bénéfices économiques, sociaux, environnementaux et sanitaires.

Les enseignements essentiels du rapport sont les suivants :

>> Le déploiement accéléré de politiques et normes et l’utilisation accrue de technologies ont permis de ralentir l’augmentation de consommation d’énergie du secteur du bâtiment depuis 1990, malgré une augmentation de la surface des zones construites. Cependant, sur cette période, l’énergie consommée par les bâtiments par personne est restée identique. D’où des efforts supplémentaires nécessaires dans la mise en œuvre des politiques en faveur de l’efficacité énergétique des bâtiments et l’utilisation des innovations techniques, et des changements de comportements des usagers et des propriétaires de bâtiments.

>> 88 pays ont aujourd’hui reconnu le rôle du secteur du bâtiment dans leurs contributions nationales. Cependant, cela ne représente qu’environ la moitié des nations. Il faut aujourd’hui s’assurer que ces engagements se traduisent dans les politiques nationales, et encourager les pays qui ne l’ont pas encore fait à intégrer des engagements pour le secteur du bâtiment dans leurs contributions nationales.

>> Les investissements dans des bâtiments efficaces énergétiquement augmentent rapidement. Cependant, pour accroître davantage les financements, il faut renforcer les preuves existantes de la performance des investissements faits dans le bâtiment durable. Pour donner aux investisseurs la confiance nécessaire pour doubler les niveaux actuels de financement d’ici à 2030 et combler le manque d’investissements nécessaires pour atteindre les objectifs de la COP21, il faut améliorer la récolte d’informations et la gestion de données sur les performances énergétiques des bâtiments.
Ce rapport identifie aussi le besoin de fonds mondiaux, comme le Fonds Vert pour le Climat et les banques de développement, pour augmenter les financements de projets de qualité à fort impact. Des financements pour le renforcement des compétences professionnelles et le développement du marché sont également nécessaires.

>> D’autres acteurs que les gouvernements nationaux ont un rôle important à jouer, en concertation et en partenariats avec ceux-ci. De nombreuses villes et entreprises se sont déjà engagées dans cette perspective.

>> En plus de l’efficacité énergétique des bâtiments, il est crucial d’intégrer des énergies renouvelables et toute une panoplie de stratégies d’adaptation et d’atténuation du changement climatique dans les politiques et les engagements du secteur de la construction.

>> La fenêtre d’opportunité ouverte est unique. Étant donné l’urbanisation rapide et la longévité des bâtiments, ne pas aborder la question de la consommation énergétique des bâtiments, ou ne se fixer que des objectifs modérés de diminution de sa consommation, risque de mener à une demande énergétique et des émissions de CO2 plus élevées que nécessaires dans le secteur du bâtiment. Cela pourrait aussi déboucher sur une mauvaise accessibilité aux services d’énergie et aux énergies renouvelables, ce qui en retour limitera l’atteinte des objectifs de développement durable.

La Global Roadmap 2016

La feuille de route disponible sur le site de la GABC est un premier draft daté du 4 novembre 2016. Il s’agit d’un document évolutif.

Cette feuille de route a pour objectif de décrire les principaux objectifs, étapes et programmes que le secteur du bâtiment pourrait partager à l’échelle mondiale, créant ainsi le cadre d’une vision commune pour le secteur immobilier mondial. Ce document n’est pas une feuille de route prescriptive pour les pays, mais un document ressource pour les décideurs établissant des stratégies nationales du secteur du bâtiment pour le climat, des politiques et plans à moyen et long termes. Elle se veut utile à tout acteur clé du secteur s’engageant dans la mise en œuvre de politiques d’efficacité énergétique et de diminution des émissions de CO2. Elle ne remplace donc pas des feuilles de route nationales détaillées du secteur du bâtiment et de la construction, qui doivent être adaptées à chaque contexte local. Sa mise en œuvre doit ainsi être flexible.

En introduction, la feuille de route souligne que l’investissement dans des bâtiments et infrastructures durables fournira l’opportunité d’aborder les défis essentiels auxquels fait face la communauté mondiale : raviver la croissance, créer et maintenir des emplois, atteindre les objectifs de développement durable, et réduire le risque climatique, dans la continuité de l’Accord de Paris.

La feuille de route détaille les priorités qui permettront de mettre en œuvre la transition vers des bâtiments efficaces énergétiquement, résilients et à faibles émissions de gaz à effet de serre :

>> Mettre en place des politiques d’urbanisme en faveur de l’efficacité énergétique, afin d’impacter la forme et la taille des bâtiments, pour permettre de réduire la demande d’énergie et accroître les capacités de production d’énergies renouvelables ;

>> Accélérer l’amélioration des performances des bâtiments existants : accroître le monde de rénovations énergétiques et augmenter le niveau d’efficacité énergétique dans les bâtiments existants ;

>> Atteindre des émissions de fonctionnement net zero pour les bâtiments neufs : accroître le choix de solutions permettant des émissions net zero via la réglementation ou le choix de conception ;

> Retrouvez les travaux prospectifs du Plan Bâtiment Durable sur les bâtiments neufs, menés par le groupe de travail Réflexion Bâtiment Responsable 2020-2050.

>> Améliorer la gestion énergétique de tous les bâtiments : réduire l’énergie utilisée en fonctionnement et les émissions grâce à des outils de gestion d’énergie améliorés ;

>> Décarboner le mix énergétique : intégrer les énergies renouvelables et réduire l’empreinte carbone de la fourniture d’énergie dans les bâtiments ;

>> Réduire les émissions liées à l’énergie grise : réduire l’impact environnemental des matériaux et équipements dans les bâtiments et la construction en adoptant une approche par cycle de vie ;

> En savoir plus sur l’expérimentation E+/C-, qui prend en compte le poids du carbone tout au long du cycle de vie des bâtiments neufs : découvrez notre dossier.

>> Réduire la demande d’énergie des appareils électroménagers, de l’éclairage et des appareils de cuisine.

>> Réduire les risques liés au changement climatique en améliorant l’adaptation au changement par des bâtiments plus résilients.

Une fois ces priorités mises en place dans chaque pays (grâce à des mesures adaptées aux contextes nationaux), la GABC considère qu’il sera crucial de mettre en place un monitoring et un reporting de ces mesures et de l’impact qu’elles ont sur les émissions de gaz à effet de serre, que ce soit au niveau local, régional ou national, voire supranational (dans le cas de l’UE).

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